Quand le temps est moche, je fais comme beaucoup d’astronomes : je souffle sur les tranches poussiéreuses de mes classeurs et ressors des images de mes archives astronomiques.
De vieilles images… Parfois très vieilles ! Hier soir, par exemple, j’exhumais des vidéos d’il y a près de 25 ans, réalisées avec des webcams trafiquées au cutter, au pistolet à colle et à la boite de péloche 24 x 36 – parce que les boites de péloche vides ont la bonne idée de faire 31 mm de diamètre – au moins chez Ilford – ce qui correspond à peu près au diamètre de sortie de nos instruments ; pas hyper-rigides, mais ça faisait le job.
Et avec ça, on faisait des photos toutes pourries de la Lune et du Soleil, et on était heureux et fiers de nos réalisations. Je les regarde d’ailleurs toujours avec une larme à l’œil – mais ça, c’est à cause de la poussière sur le capteur.
Là où mon gout pour les vieilles archives a tendance à déborder au-delà des limites du raisonnable, c’est quand l’idée de retraiter ces images avec les outils d’aujourd’hui me gagne. Astrosurface et Siril peuvent-ils faire émerger des détails qui avaient échappé à Iris et Astrosnap ? Réponse en image !

Cette image a été réalisée en 2002 avec une Vesta Pro, que j’imagine collée au foyer d’une excellente Perl-Vixen. Les vidéos étaient courtes, à l’époque : on faisait des AVI d’une centaine d’images ; inutile de faire plus, on n’avait de toute façon pas les ressources machines pour stocker et traiter des vidéos de 15000 frames.
A l’époque, je me rappelle avoir passé du temps sur cette image – c’était l’une de mes meilleures images du Soleil. Un quart de siècle plus tard, sans jouer du curseur pendant des heures, Astrosurface révèle quantité de détails jusqu’alors invisibles…

Même constat pour ce survol lunaire. La Vesta Pro était installée au foyer d’une Megrez 80 (et possiblement derrière une barlow x2), et le film réalisé ne dépassait pas la centaine d’images. Les images d’origine baignaient dans une jolie clarté aux tons magenta !
Retravaillé avec Astrosurface, le résultat est sans appel : le film révèle quantité de détails, qui pourraient faire douter que les deux images ont été réalisées avec le même instrument.
En conclusion, s’il faut bien admettre que c’est marrant de ressortir de vieux films datant de près de 25 ans, il faut quand même se poser la question du sens et du temps passé : est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux laisser ces vieux souvenirs dans leur jus et essayer de s’en construire de nouveaux, avec les outils de 2026 ? La réponse n’est pas forcément si évidente… Et elle permet de réveiller quelques vieux souvenirs d’une époque où nombreux découvraient l’imagerie avec des bouts de ficelle !