Décembre 2025 : mon menu de réveillon étoilé

Ce soir, à la carte de mon restaurant étoilé, du classique, rien que du classique… Du beau classique, peut-être, sans doute, mais rien que qui ne surprendra votre regard.

Oui, si vous cherchez de l’inattendu… de la surprise dans mes images, il faudra revenir me voir un peu plus tard. Il faut dire que le menu du jour a été préparé entre deux réveillons, entre le foie gras et la bûche aux fruits rouges, un verre de blanc liquoreux dans une main, et le téléphone dans l’autre.

Pendant toute cette semaine, je ne suis même pas sûr d’avoir vraiment regardé les étoiles. Je me suis contenté de déléguer la préparation des mes petits plats à mon Cookéo astronomique, lui donnant quelques indications sommaires. Mon travail s’est limité à l’assaisonnement et au dressage final.

Les classiques ont toutefois leur vertu, à commencer celle-ci : ne pas décevoir. Enfin j’espère !

J’ai décidé d’attaquer l’apéritif avec quelque chose de pétillant. Un truc frais et léger en bouche :

Messier 35, NGC 2158 & IC 2157 (tout en bas), mosaïque de 558 poses de 10″

De fines bulles… et de jolies couleurs ! Messier 35, c’est un amas immense, un coin de ciel que j’adore observer en champ large, afin de mieux en saisir la profondeur et les perspectives : Messier 35 est à plus de 2 500 années-lumière… mais NGC 2158, avec ses étoiles orangées, est situé pour sa part à plus de 15 000 années-lumières ! Déjà un début d’ivresse !

Histoire de faire passer les fines bulles, j’ai choisi l’audace pour le plat de résistance : du cheval !

NGC 2024 (la Feuille d’érable) et IC 434 (la Tête de Cheval), mosaïque de 250 poses de 10″

Le coin de ciel, je le connais également assez bien. La présence de la brillante étoile Alnitak rend l’observation NGC 2024 plutôt délicate, mais avec un peu de diamètre et un bon ciel, ses contours sont évidents. En revanche, je me suis bien des fois cassé le nez sur la Tête de Cheval, sans jamais réussir à la repérer de manière certaine.

J’avais imaginé accompagner mon cheval de quelque chose de simple : quelques fagots d’étoiles. Manque de vigilance de ma part – l’effet probable des fines bulles – j’ai laissé cramer ma première fournée à la lumière d’un lampadaire. Résultat : 40 minutes d’images collées au fond de la casserole, et bonnes à jeter à la poubelle… Il a fallu que je recommence, à feu plus doux …

Le double-amas de Persée, mosaïque de 284 poses de 20″

Je ne sais pas si le Double-Amas est le coin de ciel que je connais le mieux, mais c’est probablement celui qui m’a offert l’un de mes plus grand vertiges astronomiques. C’était il y a quelques années (je n’ose pas compter combien), je l’observais au Dobson, alors qu’il était bas sur l’horizon, et j’ai emprunté l’Ethos de 13mm de Denis – un véritable hublot ouvert sur le ciel étoilé … et j’ai véritablement eu l’impression de tomber dans le champ étoilé ! Une sensation incroyable. Une authentique plongée dans les étoiles !

Là-dessus arrive le plateau de fromage. Et pour le coup, j’ai choisi du bleu. Pas un brebis, mais du … taureau.

Les Pléiades, mosaïque de 489 poses de 10″

Maintenant, je ne suis pas connu pour être un grand amateur de fromage – surtout pas de bleu, et ne parlons pas du taureau – et j’espère qu’on excusera mon choix un peu fade : mes Pléiades manquent un peu de finesse et de caractère… Mais je compte bien me rattraper avec le dessert !

Pour finir ce repas de réveillon, je n’ai pas cherché la sophistication. Histoire de contenter tout le monde, je savais qu’il fallait miser sur de la légèreté, du sucré mais pas trop, un peu de croustillant et la touche d’acidité du fruit rouge … une nébuleuse d’Orion ferait parfaitement l’affaire !

La nébuleuse d’Orion, mosaïque de 338 poses de 10″

… l’équilibre entre la crème et le fruit n’est pas facile à trouver, et j’ai dû jouer autant de la poche à douille que du mixeur pour sortir une image qui ne soit pas dégoulinante de coulis de fraise. Nous arrivions tranquillement à la fin du repas. Nous restait encore un fond de vin blanc liquoreux à finir pour digérer tout ça. Et mes convives étaient ravis !

(Ça tombe bien, moi aussi.)

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