Les aurores du 19 janvier 2026

Malgré sa mécanique généralement bien huilée, l’astronomie sait parfois nous offrir des moments qu’on ne voit pas venir. La soirée – magique ! – du 19 janvier 2026 en est la parfaite illustration.

Tout commence quelques poignées d’heures plus tôt, à 150 millions de kilomètres d’ici. La veille, le Soleil balançait dans l’espace un énorme paquet de protons, dirigé droit vers la Terre. En général, il faut compter 48 bonnes heures pour couvrir la distance … mais l’éruption est, pour le coup, du genre pressé.

Et dans la journée de lundi, les boréalistes s’agitent, évaluent les prévisions, pèsent et soupèsent, essaient de déterminer le moment précis où l’éruption atteindra la Terre. Je reste pour ma part assez éloigné de cette agitation : la journée a été dense, il fait froid, je suis fatigué et davantage poussé à rejoindre mon canapé qu’un coin de campagne exposé au vent de janvier. Je ne sens d’ailleurs pas beaucoup plus d’entrain du côté de mes amis astronomes.

« Amber Alert« , me dit mon téléphone. Bon. Je jette un œil sur le ciel – c’est globalement couvert. Depuis le jardin, rien de bien visible ; et les prévisions météo ne semble pas annoncer d’amélioration. Je laisse filer.

« Red Alert« . Ah. Je refais un point sur la météo et sur la motivation de mes camarades. Tombe alors un « High Red Alert« , en même temps que les premiers témoignages et les premières images depuis les côtes bretonnes.

Puis vers 22h, les notifications s’affolent. Le Kp est monté à 9, le Bz est négatif, le vent solaire est rapide et particulièrement dense. « Very High Red Alert« … Je ne savais même pas que ce niveau d’alerte existait !

Grisé par la peur de passer à côté de quelque chose de grand, je charge un peu de matériel dans un sac, et met le cap au nord de Reims, à la recherche d’un coin de ciel dégagé. Me voilà au hameau des Maretz, un peu en-dessous de Merfy, au pied d’un arbre que je connais bien pour l’avoir intégré dans bon nombre de mes photos astronomiques.

Et à peine sorti de la voiture, je suis cueilli par de gigantesques lueurs vertes qui repeignent le zénith ! Incroyable !

L’apparition ne dure pas dix secondes. Une autre lui succède quelques instant plus tard, un peu moins étendue. Comment décrire ce que je vois ? On pourrait penser à des nuages éclairés par de gigantesques spots. Et cette couleur … Rien que pour ça, j’ai bien fait de sortir !

J’installe le téléphone sur le toit de la voiture pour une première pose photo. A l’écran, c’est tout rouge … et vert. A l’horizon, ce vert est d’ailleurs parfaitement visible à l’œil nu.

Deux autres taches brillantes se succèdent au-dessus de ma tête, et disparaissent. Je n’en verrai pas d’autres, mais j’ai eu la chance d’arriver au moment le plus fort de l’orage, comme je le découvrirai plus tard.

Le ciel reste voilé ; Je tente d’insérer l’arbre du hameau dans le cadre de mes poses photographiques.

Aux halos colorés de l’aurore viennent se mélanger les halos colorés de la pollution lumineuse. avant que les nuages, de plus en plus nombreux, ne viennent tirer le rideau sur cette soirée haute en couleurs !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *