2 juin 2025 – Auroruscule à Saint-Masmes

Il faut commencer par fixer le point de départ de notre histoire du soir : tout commence trois jours plus tôt, à 150 millions de kilomètres de Saint Masmes. A la surface du Soleil, pour être exact. Là, la région active AR4100, un magnifique groupe de taches solaires, connait une brusque poussée de fièvre : une éruption longue de plusieurs heures, qui envoie une grosse bouffée de particules chargées dans l’espace, droit vers la Terre. Une vraie tempête en approche !

La tempête est attendue pour le dimanche soir, mais arrivera finalement beaucoup plus tôt, dès la fin de matinée. Invisible pour nous, elle régalera néanmoins les observateurs nord-américains, placés aux premières loges pour assister au spectacle.

J’assiste donc à ce premier acte par écran interposé, et au gré des alertes, espère que le spectacle se prolongera encore un peu. Le dimanche soir, la météo n’est toutefois pas favorable. Je tente malgré tout une première sortie à Saint-Masmes … une sortie qui me verra scruter les rares bouts de ciel visibles entre les nuages, à la recherche d’un bout de lumière rosée.

Première sortie : retour bredouille.

Le lundi, les indicateurs sont encore bons, la tempête est toujours active, bien que de plus faible intensité. Une amélioration notable, toutefois : la météo a changé de couleur, et a troqué le gris pour le bleu. Me revoilà donc reparti à Saint-Masmes avec jumelles, Seestar et appareil-photo, et la volonté de voir des trucs dans le ciel.

Je suis accueilli par le chant des alouettes et par un joli quartier de Lune. Celui-ci sera ma seule compagnie pendant près d’une heure.

Nous sommes au début du mois de juin, et à l’approche de l’été, le crépuscule s’étire au point de laisser penser que la nuit n’arrivera jamais.

J’en profite pour réaliser quelques images d’ambiance crépusculaire. Les derniers nuages se dissipent, les étoiles apparaissent progressivement, malgré un ciel moyennement transparent. Pas de trace d’aurore sur mes images. Tant pis, je me contente de faire mon intéressant.

Le Seestar et moi-même avons alors le regard tourné vers le Triangle d’été. Je décide de tuer le temps en lançant une capture de Cr 399, l’amas du Cintre. Un travail de mosaïque qui occupera le Seestar pendant une bonne heure.

Cr 399, au Seestar, en mode « frame » – 40 minutes de pose au total

Dans le même temps, je suis l’évolution de la tempête. Les indicateurs ne sont pas mauvais, sauf un : la densité de particules reste très faible, insuffisante pour provoquer des aurores brillantes. Il y a bien une aurore, là, juste sous mes yeux, mais elle est invisible à l’oeil nu, et il faudra jouer sur les curseurs de mes logiciels de retouche pour réussir à faire ressortir une pâle lueur, sans structure remarquable.

Oui, sur la cette dernière image, on devine une tache rose qui n’était pas présente en début de soirée. Une aurore qui se fond dans le crépuscule, dont on pourrait croire qu’elle émane de la guirlande d’éoliennes situées au loin. Mais j’avoue ma triche : sans retouche d’image, l’aurore serait restée absolument invisible.

3 juin 2025

Le mois de mai 2025 en un clin d’oeil

Au menu de ce « clin d’oeil », un peu de Soleil, mais aussi un peu de ciel profond et d’expérimentations en dépit de nuits plutôt courtes. C’est parti.

Le Soleil nous aura offert quelques jolis moments en début de mois, avec notamment le passage de la zone active AR4079. Une structure complexe, des ponts de matière brillants, de jolies plages faculaires … Et cette taille !

AR4079, le 10 mai 2025 – L100/900 et hélioscope Baader

Le bestiau mesure près de 140 000 km, soit à peu près la taille de la planète Jupiter ! Presque aussi impressionnante que la grande tache de mai 2024, elle est même visible à l’oeil nu derrière des lunettes d’éclipse.

Voilà pour l’astronomie côté jour. Côté nuit, le crépuscule fait son travail de crépuscule, ce qui oblige à patienter jusqu’à 23h pour commencer des observations un peu sérieuses… Malgré l’impatience et la fatigue, j’ai quand même pu faire quelques sorties et réaliser quelques images, comme cette vision un peu paresseuse de M 13, depuis le jardin :

M 13, le 15 mai 2025. 40 minutes de pose à la Zenithstar61

Toujours depuis le jardin, j’ai également poursuivi mes expériences photographiques avec le Seestar. Dans un souci de complétisme, je m’étais lancé le défi (stupide) de mettre en image toute une série de galaxies (supposées) intéressantes de la Grande Ourse. En gros, des galaxies du catalogue NGC dont le commun des mortels ignore l’existence.

A raison : les images obtenues sont une collection de taches floues microscopiques sans grand intérêt… (vous ne les verrez donc pas !)

En revanche, je parviens à sortir de la Grande Ourse cette image (approximative, mais bon) de M 101. Elle mériterait bien davantage de pose !

La galaxie M101 au Seestar S50, 20 min. de pose, depuis le jardin

D’autres images de galaxies – M 81 et M 106 – ont suivi, le 30 mai. Elles sont visibles dans la galerie Seestar.

J’ai également exploré les fonctionnalités « champ large » du Seestar – en gros, sa capacité à réaliser automatiquement des mosaïques d’objets célestes trop étendus pour tenir dans le capteur, et ciblé NGC 7000. Exercice plaisant : pièce par pièce, la nébuleuse apparaît progressivement à l’écran, façon puzzle :

NGC 7000 en mode « frame », 24 min. de pose au Seestar S50

Mais voilà … 24 minutes de pose seulement ! Humidité ou autre cause pas bien déterminée, le Seestar s’est perdu, et n’a pas été capable d’aller plus loin dans ce puzzle. L’été qui approche me donnera l’occasion de retenter ma chance.

modifié le 31 mai 2025